Troubles digestifs à l'effort, pourquoi ?

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Maux d'estomac ou douleurs à l'intestin sont souvent les premières sensations ressenties pour annoncer quelques troubles gastriques durant l'effort. Découvrons ensemble quelles en sont les causes et comment prévenir ces troubles digestifs.

Troubles digestif à l'effort

Modification de la circulation sanguine

Lors de l'activité physique, la distribution sanguine se détourne de certains secteurs, afin de subvenir à l'augmentation des besoins au niveau des muscles (nutriments, oxygène…). Le volume sanguin étant constant cette redistribution est obligatoire. L'approvisionnement des organes nobles (cerveau, reins, foie, poumons…) reste lui stable. En revanche, et c'est là la principale conséquence, la baisse du débit sanguin au niveau des viscères (estomac, intestin…) est très marquée.

Elle apparaît comme le facteur déterminant des troubles gastriques (estomac) et intestinaux pendant l'activité physique et se signale de façon plus ou moins violente suivant les tolérances digestives et le niveau d'adaptation à l'effort (entraînement)

Au cours d'un effort submaximal, le débit sanguin peut ainsi être amputé de 80% au niveau du tube digestif. Ce phénomène persiste en phase de récupération d'où l'apparition ou le prolongement de troubles digestifs plusieurs heures après l'exercice : anorexie de l'effort, diarrhées, vomissements, ballonnements, maux de ventre...Ce fonctionnement digestif va également souffrir des effets de la déshydratation et des contraintes mécaniques répétés.

Manque d'oxygénation au niveau des tissus intestinaux

Comment expliquer dans le détail la survenue des troubles digestifs ? En fait, la diminution du débit sanguin dans les viscères s'accompagne immédiatement d'un appauvrissement en oxygène perturbant rapidement le fonctionnement des cellules intestinales. S'en suivent des difficultés d'absorption et d'assimilation des nutriments au niveau du tube digestif. Cette situation est aggravée par le ballotage intestinal (relances, montées en danseuse…) et l'accélération du transit qu'il provoque. La concentration de certains nutriments non assimilés comme le sucre par exemple, favorise l'afflux d'eau dans le tube digestif (par pression osmotique) et donc les diarrhées et la déshydratation.

Dans certains cas aigus, la pénurie d'oxygène va même se manifester par de petites lésions au niveau des cellules du tube digestif, puis si la situation se prolonge par une réelle « nécrose » micro-tissulaire. Lorsque le débit revient à la normale plusieurs heures après l'effort, ces tissus endommagés peuvent saigner et donner lieu à des diarrhées hémorragiques ou vomissements.

Même si le vélo minore ces phénomènes, certaines zones des intestins peuvent être lésées par les vibrations prolongées, déclenchant des spasmes et réduisant de fait l'apport en sang et en oxygène du tube digestif. Enfin, lors d'épreuves très longues, les infections du tube digestif vont être facilitées par la baisse d'efficacité du système immunitaire lié au moindre fonctionnement cellulaire.

Les reflux gastriques

Au niveau de l'estomac, la diminution du débit sanguin conduit à une augmentation de l'acidité et un assèchement de la muqueuse gastrique. Ceci peut occasionner des douleurs ou une hypersensibilité aux solutions acides. Dans certains cas, la position couchée vers l'avant ou un maillot trop serré au niveau de la cage thoracique peuvent également faciliter un reflux de substances acides de l'estomac vers l'œsophage, entrainant une sensation de brûlure dans le fond de la gorge, ou parfois des vomissements. L'acidité de certains jus de fruit (comme l'orange par ex) favorise ces reflux gastriques chez les sujets sensibles.

La recommandation : si vous souffrez de brûlures ou d'aigreurs digestives, privilégiez une boisson de l'effort ou un gel au pH neutre qui vous assurera un confort digestif optimal.

Quelques conseils pour protéger son système digestif

A titre préventif et de façon régulière, on commencera par inciter la mise au repos et la régénération de la muqueuse intestinale par des cures de probiotiques (bactéries lactiques) en présaison, assorties d'une alimentation plus légère (cures de 2 semaines). Quelques jours avant l'épreuve, on diminuera les fibres (légumes verts, fruits, céréales complètes, son de blé…) et les résidus (viandes tendineuses type bourguignon, graisses saturées, fritures, gibier…). Le jour de l'épreuve, le dernier repas sera absorbé lentement et calmement en respectant un délai de 3h pour favoriser la digestion.

Pendant l'effort, il faudra respecter les capacités d'absorption du tube digestif (1g de sucre/kg/h en situation normale mais beaucoup moins comme on l'a vu en situation de fort déséquilibre) et l'osmolarité (boissons d'emblée hypotoniques). Dans les cas de sensibilité importante, le recours à des produits spécifiques (laboratoires Nutergia entre autres) ou la médication préventive sur prescription médicale peuvent également constituer un palliatif (Smecta, gélules anti-diarrhéiques type Lopéramide 30 à 60 minutes avant le départ, Vogalene, Primperan…)

>> Dossier : Le rôle du ravitaillement pendant la course

Choix de boissons et produits solides : une tolérance glucidique gustative propre à chacun

La première chose est de tester les produits (boissons, gels et barres), pendant des entraînements ou des courses de moindre enjeu, reproduisant bien évidemment le mieux possible les conditions de compétition. Les particularités individuelles, beaucoup plus diverses que l'on croit, permettront déjà d'écarter un certain nombre d'aliments. Car les intolérances personnelles peuvent concerner aussi bien le gluten, l'arachide, le lactose que le cola, le miel, le ginseng, le jus de citron, la quinine, la gelée royale ou certains arômes.

Lire notre fiche pratique : La boisson énergétique

Par ailleurs, cette expérimentation in situ peut mettre au jour des réactions « réflexes » de rejets (propres à chacun), qui ne se seraient pas manifestées en d'autres circonstances. Concernant le choix entre alimentation solide et alimentation liquide, il est dicté par l'intensité de l'effort :

  • Plus l'épreuve est longue et moins l'effort va être brusque ce qui permet d'envisager une alimentation solide (barres, pâtes d'amande…).
  • A contrario, plus l'effort est brusque et intense, plus la rapidité d'action est recherchée et donc la forme la plus rapidement assimilable (liquide).

Lire le dossier : Les produits énergétiques

Gels : Attention concentré !

Attention aux gels énergétiques ou dosettes de miel : ils procurent le même avantage que les boissons énergétiques, à ceci près qu'ils apportent l'énergie sous une forme beaucoup plus concentrée. Ceci pose un réel problème si l'on boit trop peu après avoir dégluti un gel. On se trouve dans le même cas de figure que si l'on consomme une boisson hypertonique, ce qui peut se traduire par un risque accru de troubles digestifs. Par ailleurs, à l'image des boissons, le choix des gels doit être dicté par leur composition et donc leur finalité. Il existe des gels de préparation à l'effort, des gels pour les efforts longue durée, des gels « coup de fouet » pour les fins d'épreuve, des gels hybrides… Les mêmes réflexions de bon sens s'appliquent que pour les boissons.

En outre, davantage que pour les boissons, la tolérance des gels devra être testée auparavant, du fait de la plus forte concentration et diversité dans la sélection des ingrédients. D'une manière générale, les indications (avant, pendant, après effort) sont bien spécifiées par le fabricant et il importe de se fier aux allégations mentionnées.

Lire le dossier : Comprendre les étiquettes nutritionnelles des boissons énergétiques

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